LES LUPERCALES

     LES LUPERCALES dans BONJOUR ET BIENVENUE faunuLes Lupercales étaient célébrées le 15 février en l’honneur du dieu Faunus Lupercus. Ce jour-là, toute la population était en effervescence, et chaque citoyen nourrissait, au plus profond de son cœur, un espoir ou un vœu secret qu’il souhaitait voir se réaliser, grâce aux pouvoirs du puissant Faunus qui présidait à l’évènement.

C’était par un sacrifice, dans la grotte du Lupercal, près du mont Palatin, que débutait les festivités. En effet, pour s’assurer la bienveillance du dieu de la Nature féconde, les Luperques lui offraient la virginité d’une jeune fille. Celle-ci, placée sur l’attribut viril de la statue de Faunus Lupercus, devait rester immobile jusqu’à l’accomplissement du sacrifice. Mais le temps fort de la cérémonie consistait en l’offrande d’animaux : chèvres, boucs et chiens étaient successivement immolés par les prêtres afin de satisfaire le dieu.

On conduisait ensuite deux jeunes patriciens devant l’autel. L’officiant leur touchait le front avec le couteau rituel encore sanglant, avant de les essuyer avec des tampons de laine imbibés de lait. Ce simulacre d’immolation, qui était vraisemblablement réellement pratiquée auparavant, était aussitôt suivi d’une renaissance symbolisée par l’application de lait imbibés de lait. Afin de manifester leur bonheur d’accéder ainsi à une vie nouvelle, les deux jeunes gens surmontaient leur émotion et éclataient de rire.

romlupercales2 dans BONJOUR ET BIENVENUEAtlas de la mythologie, »Les lupercales », Éditions Atlas, UE, 2003

L’éclat de rire des jeunes « sacrifiés » exprimait la joie de la renaissance. Il sonnait aussi le départ de la grande course des prêtres luperques à travers la ville. Enduits du sang des animaux immolés avant d’être trempés dans du lait, les prêtres vêtus de peaux de bouc quittaient le mont Palatin et traversaient la ville au pas de course.

Loin d’être effrayées par ces jeunes hommes largement dévêtus, les femmes se plaçaient sur leur route. Les Luperques, armés de fouet dont les lanières ont été découpées dans la peau des animaux fraîchement sacrifiés, flagellaient tour à tour les femmes enceintes et les femmes stériles, les unes désireuses d’éviter ainsi les douleurs de l’accouchement, les autres pensant trouver remède à leur infécondité. Les Romaines sans enfant se plaçaient sur le parcours des Luperques en tendant leurs mains ou en retroussant leurs robes jusqu’en haut des cuisses pour recevoir les coups qui mettront un terme à leur stérilité. Quant aux jeunes mères, elles étaient également fouettées dans le but de faciliter leurs montées de lait. Très primitif, ce rituel de fécondité provoquait à l’époque de César des plaisanteries salaces.

romlupercales1Atlas de la mythologie, »Les lupercales », Éditions Atlas, UE, 2003

Après la grande course des Luperques, un banquet final était organisé. Ce festin abondamment arrosé se déroulait dans une ambiance digne des Bacchanales. Amateurs de jeux de hasard, les Romains en profitaient pour organiser une loterie quelque peu particulière : chaque jeune fille inscrivait son nom sur un parchemin qu’elle déposait dans une jarre et chaque jeune garçon tirait au sort le nom de celle qui devait l’accompagner à la soirée. Placée sous la protection de Junon, déesse du Mariage, cette charmante tradition était parfois à l’origine de futurs couples.

 

Si; lors des festivités de février, les Luperques couraient nus, ou presque, à travers la ville, ce n’était nullement un hasard, mais bel et bien la volonté du dieu Faunus qui gardait en mémoire la malheureuse aventure qu’il eut avec Omphale, la ravissante souveraine de Lydie.

À cette époque, le héros Hercule était l’esclave de la reine. Très avisée en affaires, celle-ci l’avait acheté afin d’en faire son amant, si bien qu’Hercule ne lui donna pas moins de trois descendants. Le héros était vivement épris de la reine Omphale, qui profitait également des services de cet incomparable guerrier pour débarrasser son royaume des brigands. Désarmé par les charmes de sa jeune maîtresse, Hercule s’efforçait d’exaucer tous ses caprices. Et la jeune femme s’amusait à l’habiller de ses vêtements féminins tandis qu’elle revêtait la légendaire peau de lion du héros.

Ce fut ainsi travestis que les deux amants s’endormirent, le soir où Faunus décida de s’introduire dans leurs appartements. Car le dieu avait aperçu Omphale la veille, au milieu des vignes, et devint fou de désir. Il avait sur-le-champ juré aux divinités de la montagne qu’il n’aimerait plus qu’elle, et s’était décidé à l’enlever pendant son sommeil.

Quand Faunus arriva dans la chambre de la reine, il tâtonna dans l’obscurité. Arrivé au pied du lit, il entendit un léger bruissement de soie. Sûr de lui, il se glissa sous les couvertures. Mal lui en prit, car c’est la jambe velue d’Hercule que sa main caressa. Avant qu’il ait le temps de comprendre, le malheureux intrus fut projeté de l’autre côté de la pièce d’un violent coup de pied, alors qu’Omphale, hilare, se gaussa de ce prétendant ridicule. Depuis ce jour, Faunus maudit les vêtements et exigea que ses fidèles procèdent nus aux rites destinés à l’honorer.

sources : texte : « Rome » in Historia, mai-juin 2003
    Atlas de la mythologie, »Les lupercales », Éditions Atlas, UE, 2003
    Encyclopédie Encarta De Luxe 2000, Microsoft Encarta, 1999 [CD-ROM]
  images : Atlas de la mythologie, »Les lupercales », Éditions Atlas, UE, 2003

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